dimanche 21 octobre 2012

UN PETIT BOUT D'CHOU

Ce n’est sans doute pas le plus noble des légumes, même s’il trônait aux banquets de Louis XIV, il était surtout très populaire auprès des populations paysannes. L’histoire du chou remonte très loin, c’est en effet il y a plus de 4000 ans que sa culture  a vu le jour. A l’origine le chou est une plante sauvage de la famille des crucifères, et contrairement à beaucoup d’espèces qui proviennent de guerres ou de relations commerciales avec l’Orient, il est originaire de l'ouest de l'Europe, où il pousse encore spontanément au bord de l'océan.
Choux 1.jpg
Répandu des rivages de la Méditerranée à ceux de la mer du Nord, ce légume fait bien partie de l’histoire de l’Occident.
Et les références dans notre histoire sont multiples, notamment dans l’Antiquité grecque où on prétend qu’on le servait en soupe aux jeunes mariés le matin de leur nuit de noces : voilà d'où vient la légende des enfants qui naissent dans les choux.  Comme il avait la réputation de chasser les humeurs maussades, les grecs avaient coutume de le déguster avant leurs banquets orgiaques. Les Grecs comme  les Romains pensaient que les choux protégeaient de l'ivresse, ils en croquaient une feuille crue avant chaque banquet. Cette tradition se perpétue encore aujourd'hui dans de nombreux pays de l'Est pour limiter les conséquences d'une absorption abusive de vodka.
Choux 3.jpg

On prétend aussi que durant la guerre de Cent Ans, les batailles se gagnaient ou se perdaient selon que le ravitaillement en choux était parvenu ou non aux soldats? On lui reconnaissait aussi la vertu de protéger du scorbut, il faisait donc partie des victuailles des marins qui se rendaient aux Amériques.
Lors de la construction de la Grand Muraille de Chine au IIIè siècle avant J.C., les ouvriers se nourrissaient de choux qu’ils conservaient dans des tonneaux de bois, le chou devenu aigre donne naissance à notre choucroute.
Choux 2.jpg

 Du point de vue diététique, le chou est l’un des légumes les moins énergétiques (22kcal/100gr) et comme il peut se cuire à la vapeur, à l’eau ou dans une soupe, il ne nécessite aucune matière grasse. 200 gr de chou nous couvrent à 50% de nos besoins quotidiens en vitamine C (autant que 2 verres de jus d’oranges), à 100% de nos besoins en provitamine A et il fournit également une quantité importante de vitamine E. Il présente une forte concentration en minéraux : du calcium, du magnésium, du phosphore, du potassium, du sodium... et en plus faible quantité des oligo-éléments - zinc, cuivre, iode, fer, soufre, il est donc conseillé de le consommer comme reminéralisant, tonifiant et dépuratif.
Choux 4.jpg

Des études ont prouvé son efficacité anticancéreuse, le consommer 2 fois par jour réduirait significativement les risques de cancer, notamment du poumon.
Enfin, il est très riche en fibres (3,4 g/100 g) qui agissent activement sur les transits les plus paresseux. En conclusion, le chou est l'allié de la forme et de la ligne, ou, autrement dit le compagnon idéal d'une alimentation saine et équilibrée.
 Issus de multiples croisements, les variétés de choux se sont multipliées au fil des siècles, on peut les classifier en choux à pommes lisses ou cabus (chou blanc, chou rouge), choux frisés (chou milan), choux de Bruxelles, choux à feuilles, choux fleur, choux brocoli ou encore choux raves.
Choux 8.jpg

 Dans la langue française, de multiples expressions font référence au chou, parmi celles-ci :
Avoir les oreilles en feuilles de chou, larges et très décollées.
Faire ses choux gras de quelque chose, en faire ses délices, son profit.
Il est allé planter ses choux, il s'est retiré à la campagne.
On l'a envoyé planter ses choux, on lui a retiré son emploi.
Faire chou blanc, échouer.
Ménager la chèvre et le chou, ménager des intérêts contradictoires.
Être dans les choux, être dans une mauvaise posture.
C'est bête comme chou, extrêmement simple.
Une feuille de chou, un journal quelconque, de médiocre importance.
Choux 9.jpg

L'ASCLEPIADE DE SYRIE

Dans ma note précédente, je parlais des OGM, sujet prémonitoire sans doute puisque quelques jours plus tard, le Nouvel Observateur publiait un article « Oui, les OGM sont des poisons » (cliquez). Je ne reviens pas sur le sujet mais cet éclairage nouveau sur la problématique des OGM vaut certainement de s’y attarder un peu plus.
Il y a quelques semaines, j’avais lu un article qui parlait des insectes qui fréquentent les plantes manipulées. Une étude suggérait que le pollen du maïs génétiquement modifié affectait les chenilles des papillons monarques. Ces chenilles se nourrissent de feuilles d’asclépiades qui poussent souvent à l’état sauvage à proximité des champs de maïs or des entomologistes ont montré qu’en laboratoire, le pollen du maïs Bt dispersé sur des feuilles d’asclépiades interrompait la croissance de certaines chenilles monarques ou les tuait.
Asclépiade de syrie 3.jpgIl se fait que cette asclépiade très répandue dans la région, , j’en observe les différentes phases de son développement depuis le début du printemps. Et je peux dire que voilà une plante qui ne passe pas inaperçue quelque soit la saison.
L’Asclépiade de Syrie (Asclépias Syriaca) doit son nom à Jacques Philippe Cornut - médecin et biologiste français 1606 – 1651 qui en fait une description dans son ouvrage « Canadensium plantarum historia. Et notre médecin biologiste confond cette plante avec une autre plante originaire d’Asie mineure, d’où son qualificatif « de Syrie », alors que l’asclépiade est essentiellement originaire d’Amérique du Nord et principalement du Canada.
Asclépiade de syrie 1.jpgQuant à son nom, il fait référence à Asclépios, dieu de la médecine dans la mythologie grecque. Les grecs donnent le nom d’Asklepias à différentes plantes qui auraient des vertus médicinales dont le dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria) à qui l’on attribuait le pouvoir de contrepoison du venin de vipère ce qui n’est d’aucune façon le cas de l’Asclépiade de Syrie.
Cette plante porte différent nom tous très imagés : « herbe à la ouate » référence à l’aigrette soyeuse des graines, « herbe aux perruches » référence à la forme des fruits verts ,  « langue de Vache » à cause de la forme des feuilles, « cotonnier », « petit-cochon », « asclépiade commune », « asclépiade de Cornut », ou encore « cochons de lait ».
Asclépiade de syrie 4.jpgA l’état sauvage, c’est une plante envahissante qui colonise les milieux ouverts, peu exigeante elle a néanmoins besoin de beaucoup de lumière, et qui peut évincer localement la végétation indigène. Parfois elle est cultivée pour l’ornement dans les jardins mais attention, elle s’étend très facilement par des rejets souterrains.
C’est aussi une plante toxique, toutes ses parties (racine, tige, feuilles, fleurs et fruits) contiennent un latex laiteux et épais, consommée par la chenille du papillon monarque, celle-ci en devient à son tour toxique ce qui lui permet d’échapper à de nombreux prédateurs.
Asclépiade de syrie 5.jpg
En Amérique du Nord et particulièrement au Canada, elle est considérée comme une mauvaise herbe, il faut dire que par son expansion rapide, elle se retrouve notamment dans le sud de l'Ontario un peu partout,  dans les pâturages, les prairies, les terrains incultes, les terres cultivées et les bords de routes. Elle est particulièrement commune dans les îles Manitoulin et la région centre-est du sud de l'Ontario, et elle semble être en progression dans la plupart des autres régions de la province.
Asclépiade de syrie 6.jpgComme je le disais plus avant, cette plante a un développement assez spectaculaire, tout d’abord parce qu’elle forme des colonies abondantes, que ses petites fleurs roses qui apparaissent au printemps sont assez jolies, que les fruits qui apparaissent en fin d’été ont une forme et une texture particulières et que maintenant en automne les fruits éclatent et laissent échapper une quantité de graines impressionnante. Les graines pourvues d’aigrettes soyeuses sont transportées à tout va par le vent d’où une dissémination importante.  
Asclépiade de syrie 8.jpg
Asclépiade de syrie 7.jpgMalgré sa toxicité, certaines personnes en consomment (il faut être sûr de la préparation !) principalement quand les fruits sont encore petits, voici un exemple vidéo avec l’accent du Québec pour des « bouchées de petits cochons gratinés ».

MAÏS ET OGM

 Quand je passe devant un champ de maïs, je ne peux m’empêcher de me demander, s’il s’agit d’une plante « naturelle » ou d’une plante OGM, une des ces plantes dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme, un de ces  organismes dans lequel a été inséré un gène absent à l’état sauvage pour en améliorer la résistance aux pesticides ou encore la productivité. Faut-il en avoir peur, faut-il les rejeter, faut-il les combattre ou au contraire en attendre monts et merveilles comme une réponse à la faim dans le monde ?
Le débat fait rage depuis pas mal d’années entre pro et anti OGM ! Et qui dit débat, dit automatiquement, dérives, fausses idées, manipulations, clichés et en particulier en parlant d’OGM, on va y inclure les risques alimentaires, les problèmes de santé, la malnutrition dans le monde ou encore la mondialisation.
 Maïs 1.jpg
Il faut quand même reconnaître que depuis des millénaires, l’homme manipule les plantes pour en modifier la composition génétique, croise des variétés pour, dans le cas des fleurs par exemple, obtenir de nouvelles tailles, de nouvelles couleurs ou de nouveaux parfums. Le nombre de plantes hybrides qui font le bonheur de tous les jardiniers et de tous les amateurs de la nature, est sans doute incalculable.
Ainsi, le maïs qui m’a suggéré cet article est issu d’une plante mexicaine plutôt malingre, le téosinte dont l’épi ne dépassait pas 2 cm, autre exemple la tomate qui est issue du lycopersicon, une tomate cerise originaire d’Amérique du Sud.
Maïs 2.jpg
 Il y a évidemment une différence importante entre le croisement d’organismes à la constitution génétique similaire et extraire un gène déterminé d’un organisme pour l’introduire dans un autre organisme vivant.
Mon propos n’est pas d’aborder tous les aspects du génie génétique, la matière est tellement vaste, mais simplement de réfléchir un peu aux avantages, aux inconvénients et aux dangers de celui-ci.
Avant toute chose, parlons un peu chiffres, et essayons d’estimer la part des cultures d’OGM dans le monde. En 2011, c’est pratiquement 17 millions de producteurs qui cultivaient des produits OGM sur environ 160 millions d’hectares dont la moitié dans des pays en voie de développement. 10 pays sur les 29 qui cultivent des OGM prennent à leur compte 98% de la superficie mondiale avec en tête les Etats-Unis (43%), le Brésil (19%), l’Argentine (15%), .... les pays européens viennent loin derrière avec l’Espagne, le Portugal et la Tchéquie.
Les prévisions d’ici 2015 font état de 20 millions d’agriculteurs, de 200 millions d’hectares et de 40 pays producteurs.
Maïs 3.jpg
 Les modifications apportées au génome de ces plantes, principalement le maïs, le colza, le coton, le riz,  le tabac et le soja, le sont en particulier pour leur donner une meilleure tolérance aux herbicides et aux insectes et secondairement pour leur donner un plus nutritif. Ainsi le riz qui est la base d’alimentation de +/- 3 milliards de personnes et qui est produit par des centaines de millions de petits paysans, a été le sujet de pas mal d’expériences génétiques. Le but était qu’il produise du béta-carotène un élément essentiel de la vitamine A. Sachant que environ 150 millions d’enfants souffrent de carence en vitamine A, entraînant une multitude de cécité et une mortalité importante, ne voilà t-il pas un but intéressant.
En ce qui concerne le maïs, on parle en termes d’OGM de « maïs Bt », maïs modifié par l’introduction d’un gène emprunté à une bactérie du sol (Bacillius thuringiensis), et qui lui confère une meilleure résistance aux principaux insectes qui lui sont nuisibles dont notamment la pyrale du maïs. La pyrale du maïs est répandue en Europe et en Amérique du nord où il porte le nom de « foreur européen du maïs » (European corn borer). En effet, sa chenille creuse des galeries dans les tiges et dans les épis.
Voilà sans doute aussi une bonne idée puisque les cultures sont mieux protégées mais revers de la médaille, il semble que, ce sont des biologistes de l’université de l’Iowa qui le confirment, certains insectes nuisibles sont devenus résistants aux plantes « OGM pesticides ». La firme Monsanto, leader mondial de semences OGM avait mis au point en 2003 le premier maïs OGM résistant aux attaques de la chrysomèle des racines, la hantise de tous les producteurs de maïs, et 6 ans plus tard, on remarque que cet insecte a muté et est devenu résistant à la toxine intégrée au génome. Et voilà les producteurs obligés d’utiliser des pesticides encore plus toxiques et en plus grande quantité.
Maïs 4.jpg
De plus, le pollen du maïs Bt semble toxique pour les papillons, on a remarqué qu’une exposition prolongée à ce pollen était fatale au papillon monarque, le plus connu des papillons d’Amérique du nord. S’il y a danger pour certains organismes, il y a aussi un grave danger pour la biodiversité, le maïs Bt secrète sa toxine de la racine vers le sol, les déchets agricoles infiltrent les cours d’eau et entraîne une pollution dont les conséquences ne sont pas encore connues. La plupart des scientifiques s’accordent pour dire que les questions de sécurité soulevées par les OGM concernent davantage l’environnement que la santé des personnes.
Tant de questions restent sans réponses et le débat est très loin d’être clos. Pour être objectif, retenons les avantages : meilleurs rendements, moins de pesticides, plus nutritifs, les inconvénients : flux génétiques, dommages collatéraux, effets sur la santé. Et aujourd’hui la faim dans le monde concerne toujours plus d’1 milliard de personnes alors qu’une meilleure répartition des stocks alimentaires pourrait résoudre une grande partie du problème, mais il s’agit là d’un autre débat.

lundi 3 septembre 2012

DES POMMES A LA PELLE.


pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extractionComme tout le monde, j’ai des souvenirs liés à mon enfance et notamment des journées que je passais chez mes grands parents. J’entends comme si c’était hier la pendule murale qui sonnait d’un ton lugubre tous les quarts d’heure, je sens l’odeur du lapin aux pruneaux qui mijotait sur la plate buse, mets qui était l’apanage de mon grand père et de personne d’autre, je ressens les baisers piquants de ma grand mère, le froid de l’eau pour se laver dans  le bassin  déposé sur un trépied dehors dans la cour, ma hantise d’aller au WC dans le fond du jardin avec les pages du bottin de téléphone comme papier hygiénique, la forte de voix de mon grand père et sa stature si imposante qu’il me semblait avoir 2 mètres, la chambre toute noire dans laquelle je dormais, le lit métallique et tellement haut. Mais avant d’aller dormir, mon grand père épluchait les pommes tombées au verger, il les nettoyait scrupuleusement en enlevant les taches brunes et les vers. J’en mangeais souvent deux, et j’avais l’impression qu’elles me faisaient digérer tout ce que je détestais dans cette maison.  

pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extraction
Tout d’abord, un repère historique : Le terme « pomme » est apparu dans la langue française en 1080, dans la célèbre Chanson de Roland.
"BLANCANDRIN dit : « Les Francs sont gens très nobles. Mais ils font grand mal à leur seigneur, ces ducs et ces comtes qui le conseillent comme ils font : ils l'épuisent et le perdent, lui et d'autres avec lui. » Ganelon répond : « Ce n'est vrai, que je sache, de personne, sinon de Roland, lequel, un jour, en pâtira. L'autre matin, l'empereur était assis à l'ombre. Survint son neveu, la brogne endossée, qui des abords de Carcasoine ramenait du butin. A la main il tenait une pomme vermeille : « Prenez, beau sire, dit-il à son oncle : de tous les rois je vous donne en présent les couronnes. » Son orgueil est bien fait pour le perdre, car chaque jour il s'offre en proie à la mort. Vienne qui le tue ; nous aurions paix plénière ! »"
 Les pommes parlons-en, car pour le moment la récolte des fruits qui servent à l’extraction du jus est en pleine effervescence. Les gros camions remorques, les tracteurs de tous âges et de toutes tailles font la file, sont pesés avant d’aller vider leur cargaison dans les trémies. Des tonnes et des tonnes de pommes vont être traitées pour en extraire le nectar.
pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extraction
Voici ce qu'en dit le site "La Pomme" :
La pomme possède des atouts nutritionnels uniques qui ont été mis en évidence grâce à de nombreux travaux scientifiques permettant de mieux comprendre pourquoi une consommation régulière de pommes contribue au maintien d’une bonne santé.
Cela tient à l’originalité de sa composition et en particulier à : son faible apport calorique pour 100 g, sa grande richesse en antioxydants, sa teneur particulière en fibres.
LA POMME, GRIGNOTAGE ET CONTROLE DU POIDS.
Une consommation régulière de pommes aide à la maîtrise ou à la réduction du poids. Une pomme moyenne de 150 g apporte environ 18 à 20 g de glucides (soit 74 à 80 kcal) qui sont absorbés par l’organisme lentement et progressivement entraînant un rassasiement important et durable.
En dessert ou en dehors des repas, la consommation d’une pomme est donc idéale et limite le grignotage abusif d’aliments trop sucrés, cause de l’augmentation du poids des adultes comme des enfants.
La pectine est une fibre active contenue dans les pommes qui participe à la régulation du transit intestinal, à la qualité de la flore bactérienne et à l’amélioration de la fonction digestive.
pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extraction
LA POMME, SOURCE DE BONNE ENERGIE POUR LES SPORTIFS !
L’apport énergétique de la pomme provient non pas de graisses, mais de fructose et de glucides assimilables lentement dans l’organisme. Cette donnée, et plus largement le profil nutritionnel de la pomme, en font un fruit tout à fait adapté aux sportifs. En effet, dans le cadre d’activités physiques, les composantes de la pomme agissent de façon bénéfique sur l’organisme et ce, avant, pendant et après l’effort.     
Consommée avant le sport, la pomme donne de l’énergie tout au long de l’activité physique. Consommée au cours d’un exercice physique, la pomme recharge l’organisme en minéraux et en vitamines variées. Consommée après l’entraînement, la pomme et ses 85 % d’eau permettent de réhydrater l’organisme et de faciliter l’élimination des toxines.
De plus, c’est en vitamine C que la pomme est la mieux pourvue : dans la partie externe de la pulpe et plus encore dans la peau, puisque celle-ci renferme 4 à 5 fois plus de cette vitamine énergétique que le reste du fruit. Mieux vaut croquer la pomme sans la peler, en ayant simplement pris soin de la passer sous l’eau par mesure d’hygiène.
pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extraction
Et pour en savoir encore un peu plus : le site "pomme passeport santé".

DEVINE QUI PAPILLONNE AU JARDIN ?


papillons,recensement,machaon,grand porte queue,chenilles
Comme chaque année au mois d’août, Natagora organise en Belgique un recensement des papillons. Les résultats publiés par cette association de protection de la nature sont les suivants :
« Plus de 1.300 personnes ont participé début août à notre opération de recensement des papillons. Nous les remercions chaleureusement ! Contrairement aux craintes liées à la météo maussade du printemps et du début de l’été, le nombre moyen de papillons par jardin n’est pas au plus bas. Certes, ce n’est pas glorieux, mais certaines espèces, comme le paon du jour, qui étaient peu abondantes l’an passé, sont bien présentes en 2012.
  • Nombre de participants : 1362
  • Nombre de jardins recensés : 1418
  • Nombre de papillons observés. : 18770
  • Moyenne du nombre de papillons par jardin : 13.2
    papillons,recensement,machaon,grand porte queue,chenilles
Espèce                 Fréquence    Nombre                   
  •    Piérides                   87.4 %     5120
  •    Paon du jour             50.8 %     2473
  •    Vulcain                     50.4 %     1956
  •    Petite Tortue           50.1 %     2483
  •    Robert-le-diable       30.4 %     673
  •    Tircis                        29.8 %     787
  •    Amaryllis                  25.8 %    1172
  •    Myrtil                       21.2 %      737
  •    Carte géographique   16.1 %     379
  •    Tristan                     15.4 %     418

Pourquoi les papillons disparaissent-ils ?
Les activités humaines sont la principale cause de disparition des papillons. La destruction des habitats naturels (urbanisation, extraction de la tourbe…), l'utilisation d'insecticides, la standardisation et l'intensification des pratiques agricoles (remembrement et disparition des haies, diminution du pâturage extensif, enrichissement des prairies et modification des communautés de plantes, …), l'éclairage électrique nocturne et le changement climatique sont les principaux facteurs de la régression actuelle des papillons.
papillons,recensement,machaon,grand porte queue,chenilles
 L'importance de vos jardins
Avec la raréfaction de leurs habitats, le rôle des jardins dans la conservation des papillons devient aujourd'hui de plus en plus important. En Belgique, les jardins couvrent bien plus de surfaces que l'ensemble des réserves naturelles réunies ! Si nos jardins accueillent demain plus de papillons, l'impact peut donc être très important, non seulement pour eux mais aussi pour toute la nature qui nous entoure ! Le jardin est aussi un univers où de nombreux autres enjeux environnementaux actuels peuvent s'illustrer (économies d'eau, réduction des pesticides et santé publique, réduction du volume des déchets ménagers et compost, éclairage de nuit, et donc, économies d'énergie et lutte contre les changements climatiques, produits respectueux de l'environnement, etc.).
papillons,recensement,machaon,grand porte queue,chenilles
 Je profite du sujet pour placer quelques photos d’une espèce rencontrée récemment et qui n'apparaît pas dans le top 10 des observations : Le Machaon ou Grand porte queue. Papillon qui n’est pas rare, on le trouve dans tout l’hémisphère Nord tempéré, depuis 2012 il est arrivé au Canada mais il semble se raréfier en Europe Centrale. Il est maintenant protégé en Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Moldavie et dans certaines régions d'Autriche et d'Allemagne.
Je me souviens qu’il y a quelques années j’avais découvert sa chenille dans le potager et plus particulièrement sur les carottes dont elle dévorait allègrement les feuilles. Sa chenille affectionne les plantes ombellifères telles que  l'aneth, le persil, et la carotte.

SOLIDAGE DU CANADA


Solidage du Canada 3.jpgElle colonise très rapidement les terrains en friche, elle en devient même très souvent une plante invasive. Pour le moment elle décore d’un très beau jaune le paysage naturel, je veux parler du Solidago canadensis ou Solidage du Canada, connue aussi sous les noms de « Verge d’or du Canada » ou encore « Gerbe d’or ».
Comme son nom l’indique, elle est originaire d’Amérique du Nord, on l’a trouve dans tous les provinces canadiennes, aux USA et en Europe centrale.
Par son système de rhizomes souterrains, le Solidage du Canada peut produire des densités de tiges très denses allant jusqu’à  300 tiges/m², chaque tige pouvant produire 20.000 graines  voilà l’explication de son expansion.Solidage du Canada 1.jpg
 Si elle devient envahissante, elle n’est pourtant pas dépourvue de qualités, la distillation à la vapeur de ses fleurs donne une huile essentielle aux multiples vertus.
Ses actifs principaux sont les terpènes – classe d’hydrocarbures composants de la résine et de l’essence de térébenthine – et l’acétate de bornyle qui est notamment utilisé comme additif alimentaire, en parfumerie et dans l’industrie du tabac pour son odeur typique et fraîche de résineux.
Solidage du Canada 2.jpg
 Parmi ses indications, on note principalement son utilisation pour le traitement de l’artérite, de la péricardite et de l’endocardite. Elle est anti-inflammatoire et décontractante, elle calme l’excès de nervosité et diminue l’hypertension, elle soulage certaines névrites d’origine nerveuse. Et secondairement elle stimule légèrement le foie et l’activité rénale.
 Solidago signifie littéralement : « je rends entier », « je consolide », ce serait sur base de la réputation de la fleur à favoriser la guérison des plaies que Linné donna à la verge d’or son nom scientifique.
Solidage du Canada 4.jpg
 C'est également une des plantes mellifères les plus communes d'Amérique du Nord. Le goût de son miel se situe à mi-chemin entre celui du miel de trèfle et celui du miel de sarrasin. Comme c'est le cas pour tous les types de miel, il concentre une partie des principes actifs de la plante et peut donc jouer un rôle non négligeable dans l'organisme.

HERBE ANGOUMOISINE

 Tabac 1.jpg
Pour continuer la série des grandes cultures en fleurs, après le tournesol, voici le tabac, sa floraison n’est pas aussi spectaculaire mais néanmoins elle ne passe pas inaperçue.
 Qui pense tabac, pense naturellement à nicotine et à Jean Nicot. Pourtant l’histoire du tabac et de sa nicotine n’est pas aussi simple que ça. C’est sans doute Christophe Colomb qui lors de son expédition en Amérique en 1492 découvre le tabac et l’introduit en Europe à la cour espagnole et portugaise. A cette époque, le tabac est simplement utilisé comme plante ornementale.
Tabac 3.jpg
 En France, c’est un moine-explorateur d’Angoulême, André Thevet qui lors d’une expédition avec le vice-amiral Villegagnon en 1555 ramena une plante alors inconnue, appelée « Pétun » par les indigènes et qu’il baptisa « herbe angoumoisine », c’était notre tabac.
 André Thevet qui se faisait appeler l’angoumoisin, rédige en 1557 un ouvrage intitulé « Les singularités de la France antarctique », ouvrage dans lequel il décrit pour la première fois ses découvertes ramenées du Brésil : le paresseux, le tapir, le manioc, l’ananas, l’arachide et le tabac. 
 Le terme « Pétun » est d’ailleurs utilisé dans la fameuse tirade des nez de « Cyrano de Bergerac » : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez, sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? ».
Tabac 2.jpg
 Mais alors pourquoi nicotine et pas thevetine ?
 En 1559, le roi François II nomme Jean Nicot ambassadeur de France au Portugal et durant son séjour, il plante dans le jardin de l’ambassade des graines de tabac reçues d’un marchand flamand. Le tabac ne se fume pas encore, il se prise, cela fait éternuer, ce qui est bien la preuve qu’il chasse les humeurs malsaines !
 En 1560 Jean Nicot fait parvenir à Catherine de Médicis, la mère de François II de la poudre de tabac et ce afin de soigner les migraines persistantes de celui-ci. Le tabac est alors appelé « Herbe à Nicot » ou encore « Herbe à la Reine ». Il est alors essentiellement utilisé comme médicament sous forme de poudre.
 Tout cela ne plaît évidemment pas à André Thevet qui est alors cosmographe c’est à dire géographe officiel du roi, il ne s’en cache pas et parle d’usurpation. Ainsi dans sa « Cosmographie universelle », il écrit ceci : "Je puis me vanter avoir este le premier en France qui a apporte la graine de cette plante, et pareillement semé et nommé ladicte plante l'Herbe Angoumoisine. Depuis, un quidam qui ne fit jamais le voyage, quelque dix ans après que je fusse de retour de ce pays lui donna son nom."
SZABOLCSVERESMART.jpg
A l’état sauvage, il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de 1 à 10%. Le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes.
Pour agrémenter nos jardins, il y a le "tabac ornemental" ou "Nicotinia Sylvestris" dont j'avais parlé en son temps, pour revoir cette note, cliquezIci.